Et si ce n’était pas le matériel…

Publié le Catégorie: Autres nouvelles

Depuis longtemps que j’avais envie d’écrire cet article. Cela me trottait dans la tête lorsque j’achetais une autre « bébelle » ou que j’entendais parler du dernier modèle de caméra, des sans miroir, de la dernière lentille, etc.

Un peu comme tout le monde, un nouvel objectif au boitier, un nouvel appareil ou une autre pièce d’équipement me donnait l’impression que j’allais accomplir des miracles. J’allais enfin avoir LA photo, tout en étant parfois déçu des résultats. J’étais tombé dans le piège, le SAM: le Syndrome d’Achat de Matériel (traduction libre de l’expression anglophone GAS: Gear Acquisition Syndrom)!

J’avais beau me rappeler le conseil d’un photographe alors qu’en 2003, je m’amusais avec mon premier appareil numérique compact Pentax (celui de la photo ci-haut): « lorsque tu voudras acheter un appareil réflex, investi plutôt dans de bonnes lentilles ». Ça m’est resté en tête, mais peut-être trop loin pour y prêter attention des années plus tard.

J’ai usé le compact à son maximum mais j’avais faim de pouvoir jouer un peu plus avec les contrôles de l’appareil, ce qui n’était pas possible avec celui-ci. Quelques années plus tard, je me suis enfin décidé d’acheter mon premier réflexe numérique. J’avais arrêté mon choix sur un Pentax istDL parce que je trouvais les images plus belles que les Canon-Nikon de même gamme. Le propriétaire du magasin m’expliqua que Pentax avait doté son modèle de base d’une bonne lentille contrairement aux autres. Évidemment, il y avait d’autres facteurs mais continuons dans l’histoire pour ne pas étirer la sauce.

Après 6 ans d’ardents combats avec ce Pentax réflexe, il a commencé à rendre l’âme. Je me suis retourné vers un appareil plus « courant », le Canon. Puis, j’ai joint un club photos et je me suis lancé corps et âme dans ce loisir/art. Je me suis laissé prendre au jeu d’acheter du matériel; bref, j’ai développé une bonne amitié avec SAM!

Jusqu’au jour ou je suis tombé sur cette vidéo:

C’est suite à ce visionnement que l’idée a germé dans ma tête pour cet article: et si ce n’était pas le matériel…  Si un gars peut créer un son intéressant avec une guitare de piètre qualité alors…

Dans ma conquête de la photographie, j’ai lu plusieurs articles, livres et consulté des tutoriels vidéo. Il y avait un thème récurent qui revenait: ce n’est pas le matériel qui fait le photographe mais plutôt son oeil qui voit la photo. La caméra n’était que l’outil pour capter cette vision.

D’ailleurs, il y a quelques temps, j’avais visionné une vidéo dans lequel le photographe Zack Arias avait relevé un défi de faire de la photo de rue avec un appareil compact et de le faire fonctionner avec un flash cobra! J’ai recherché ce canal pour cet article, il s’agit de la chaine DigitelRev. Un des défis intéressant que j’ai pu visionner est celui de photographes d’action et sports:

Ces personnes devaient utiliser une caméra de 0,3 mégapixels !!! J’ai remarqué que malgré la piètre qualité de l’image, les photos étaient intéressantes juste par le fait que ces photographes avaient « l’oeil » pour composer une image.

J’ai moi-même mis à l’épreuve le soit disant dicton de « on l’sait bien, vous avez des grosses caméras qui font de meilleures photos »… Le contexte était le suivant: nous avions quelques amateurs de photo au bureau et nous avions décidé de se lancer des petits défis de faire des photos sur un thème, les présenter lors du diner et ensuite voter sur les meilleures photos. C’est durant l’un de ces défis que j’avais entendu ce commentaire. Alors, au défi suivant, j’ai utilisé mon iPhone pour faire mes photos (qui s’est classée la 1ère au vote). Ce fut hilarant de voir les réactions lorsque j’ai dévoilé ensuite qu’elle avait été prise avec mon cellulaire! Bref, c’était la composition qui l’avait emporté, pas la qualité de l’appareil.

Il serait injuste de s’arrêter ici dans la comparaison sans dire que l’appareil et l’équipement peut influencer le résultat final. Il est bien évident qu’il y a moyen de travailler avec des outils rudimentaires et accomplir un résultat probant. Par contre, c’est lorsque ces outils sont poussés à leur maximum que l’on se rend compte de leurs limites. Après-tout, un menuisier finirait par bien couper les moulures d’un cadre de porte et faire un bon travail, mais il gagnerait surement du temps avec un outil de haute gamme.

Pour terminer, je crois donc que l’apprentissage, l’effort et la pratique sont les meilleurs outils que l’on pourrait acquérir dans la pratique photo.

 

 

Une réflexion au sujet de « Et si ce n’était pas le matériel… »

  1. intéressant et vrai cette réflexion. J’ai commencé à photographie à l’âge de 14 ans avec un petit instantmatic 104 avec des cubes rotatifs comme flash. Je me suis amusé longtemps sans me poser de question….je captais des moments présents qui ne reviendrons jamais. Je n’avais pas de technique mais entre mes deux oreilles et mon coeur il y avait déjà « la composition » dans ma tête. Sentir un moment, l’imaginer, le capter et le regarder …surtout pour le plaisir. Plusieurs oublis de s’amuser …beaucoup vont passer du temps pour du setting …de caméras et si le sujet est en mouvement et bien c’est trop tard..c’est fichu! J’ai véçu cette expérience avec une amie qui avait un reflex avec des objectifs interchangeables…devant un chevreuil qui passait…j’avais déjà pris 4 photos du sujet en mouvement avec un petit bridge bien ordinaire. Elle n’a jamais eu le temps de capter quoi que se soit…ce moment était déjà passé…..

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